Mardi 28 décembre 2010 2 28 /12 /Déc /2010 17:56

On pense toujours quelque chose de quelqu'un. Un "look", une voix, une odeur, une attitude, un job, une façon de s'exprimer, un sourire, une manière de porter la cuillère à sa bouche lors d'un dessert, un regard, la démarche, des mains, l'apéritif commandé, des cheveux, une confiance en soi apparente...

Chaque détail renvois, à nos analyses hâtives et primitives, une perception de l'autre.

 Je préfère (et de loin) qu'on ai une mauvaise image de moi. Il est plus agréable de surprendre les rencontres, que de les décevoir.

Par Alex Taurel - Publié dans : Chronique d'un suicide littéraire assumé - Communauté : Chroniques du temps présent
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Mardi 28 décembre 2010 2 28 /12 /Déc /2010 01:28

Enzo Parisse sort de l'ombre. Enzo Parisse n'est plus fiction, mais bien auteur. Il commet un coup d'état blog-uiesque, effectue un coming-out littéraire. Enzo Parisse est le vrai signataire des mots que vous lisaient en ces pages depuis bien trop longtemps maintenant, pour ne plus être sur le devant de la scène. Enzo Parisse a 27ans, fait 1m76, est brun ascendant barbu, romantique fêtard frisant parfois le ridicule, fumeur de clope et buveur de whisky, il aime les crème aux oeufs vanille, le confit de canard et les conflits de conards, les digestifs, les sauces aux champignons, s'allonger dans l'herbe mouillé, sentir les soleil sur son épaule et les nuques. Je le sais parce que Enzo Parisse, c'est moi.

Puisqu'il est ainsi fait que mes "Roman d'un jour" n'ont pas eu de succès volcanique, à partir d'aujourd'hui, c'est la fin. Je me suicide littérairement en mettant un terme à ces fictions, pour faire naître le journal de ma vie et avis, assumant au passage l'envisageable futur échec de cet acte.

Tout ceci n'a sûrement aucune valeur morale, étant donné qu'aucune de nos décisions ne sont irrémédiables tant qu'on est encore en vie...

 

Par Alex Taurel - Publié dans : Chronique d'un suicide littéraire assumé - Communauté : Chroniques du temps présent
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Jeudi 23 décembre 2010 4 23 /12 /Déc /2010 17:25

 

on-fonce-photo-nuage-plus-expressive 20701Je vais te dire "enchantée mademoiselle",  entendre ta voix, voir tes yeux, toucher ta peau, goûter ta langue.

Je vais être amoureux dès le début. Je vais aimer nos premiers mots, Désirer les prochains, jouir des suivants. Les supplier de ne jamais s'effacer. Je vais vouloir t'avoir, vouloir te protéger, vouloir t'embrasser, encore et t'embraser. Je vais aimer t'avoir voulue. Tu vas me rendre fou. Je vais être fou de toi.  Je vais t'emmener dans mon voyage... Je vais t'emmener avec moi.

Je vais te lire me raconter une sombre histoire de chaussette raté par ton pied qui termine en catastrophe. Je vais te lire terminer ton histoire en citant Shakespeare. Je vais te sourire, te toucher , t'admirer, te rendre fier,  te sentir, te kiffer, te renifler, te singer, te faire rire, te caresser, te frustrer, t'embêter, t'appréhender, te consoler, te parler, te faire fondre, t'amouracher, , te découvrir, te redécouvrir, te chercher, te trouver, t'explorer, t'hasarder, te lézarder, te déclarer, te voir maladroite, t'attendrir, te re-caresser, avoir envie de toi, te désirer, te dévisager, envisager de te dévisager, te lécher, te redésirer, te posséder, te faire jouir, te serrer, t'endormir, te réveiller, t'apaiser, te redécouvrir, te "séréniser", te donner le temps, te dire que tu es belle...

Je vais devenir ridicule aux yeux du monde. Je vais écrire ton nom partout, tout t'appartiendra, ici une esplanade face à la mer avec une bombe de taggeur, là-bas un banc dans un jardin public avec un feutre indélébile, ailleurs le tronc d'un arbre avec un canif, plus loin le trottoir d'une rue piétonne à la craie, une autre fois le coin d'une table au crayon papier... Un jour, le ciel avec la fumée d'un avion à réaction. Ridicule aux yeux du monde je te dis. Je vais t'emmener dans mon voyage... Je vais t'emmener avec moi.

Je vais te prendre la main, te laisser la mettre dans la poche de mon jean's, te laisser la faire fouiller dans ma barbe, te laisser la faire me décoiffer, te laisser la faire me peloter, les fesses, les mollets, le ventre, la queue, le cou, Je vais te laisser faire de moi ta chose, je vais te laisser m'allumer, me chauffer, me faire monter, puis retomber, juste pour ton plaisir de me faire remonter.

Je vais prendre les choses en main. Je vais t'embrasser la bouche, faire durer, jouer, s'arrêter, accélérer, ralentir, lever ma langue, y revenir, et tout arrêter. Je vais te dessaper avant de te retoucher, sentir ton manque de moi, ressentir ton manque d'émoi. Je vais te regarder, te désirer, te toucher, te lécher avec les yeux, Je vais te soulever par les cuisses en te mangeant les lèvres, te poser assises sur la table, m'asseoir puis te manger les lèvres. Je vais voir tes cheveux me camoufler des rayons du soleil. Je vais te voir me supplier de continuer et t'en vouloir de me dire d'arrêter, je vais te voir me sourire en plein jour, je vais te voir me jouir en plein jour...

Je vais t'avoir derrière moi, en vespa, sur les chemins poussiéreux de Corse, t'avoir en face de moi, à table, mangeant du melon au Porto avec du jambon de Parme, à Florence. Je vais t'avoir contre mon torse pour te réchauffer de cette fraiche escapade-clope devant un pub, dans une rue de Londres, Je vais sentir tes gros seins se blottir tout contre mon dos dans la file d'attente d'un Starbucks à Paris, Je vais "ressentendre" le souffle et le chuchotement de ta voix chaude dans le creu de mon oreille au guichet d'une gare portugaise (ce qui aura le pouvoir de me faire bander). Je vais te voir t'enivrer de vin cuit dans une bodega près de Madrid, te prendre en photo une chope de bière à la main sur une place à Berlin, t'avoir sur mes épaules dans une pinède de Juan-les-Pins lors d'un concert de Charlie Winston, te voir renter du marché le sac de course plein, pendant un séjour à Biarritz...

Je vais te faire criser, nous allons nous déchirer, tu ne me supporteras plus, il aura peur qu'elle se sépare. D'ailleurs vous craindrez toujours en vous quittant de ne plus vous revoir. Je vais te voir partir quelquefois en pensant à tous ces mecs qui te regarderons, je ne leur en voudraient pas, comment faire autrement que de te regarder ? Je vais t'entendre claquer la porte en criant, pleurer de mon inconscience à ne pas te retenir, souffrir de réaliser que tu n'as pas dormi là. Je vais venir te récupérer à ton boulot avec une pancarte "Tu m'emmerdes",  je vais te voir m'approcher en souriant, te sentir me chuchoter :

- "toi aussi tu m'emmerdes"

puis je vais te sentir m'embrasser. Je banderai et te le ferai savoir, Je vais réaliser que nos disputes seront des recommencements récurrents pour des broutilles. Je vais te voir partir 10fois, je vais t'entendre claquer la porte 100fois, je vais t'entendre hurler 1000fois...et m'essuyer les yeux dans la continuité. Je vais partir m'évader le coeur, dans une petite ville du Roussillon où je regarderais, sur les hauteurs graniteusement rougis de ma chambre d'hotel, le soleil faire sa vie. Se lever, chauffer et se coucher. J'aimerais tout de ce séjour, surtout ta nuque, malheureusement resté avec toi, sur ton corp.

Je vais voir le temps me maltraiter, à passer si lentement quand tu n'es pas avec moi, alors qu'il  prend un malin plaisir à faire l'extreme inverse lorsque je te partage avec lui. Je vais le voir faire son effet, sans jamais faire retomber le tien. J'envisagerais partager une assiette de tomate-mozzrella baigné d'huile d'olive, dans un restaurant à 12 couverts de Rome, partager un gros pétard de majiruana (ramené illicitement de notre week-end amsteldamois) sur les hauteurs azuréenne, en contemplant la presqu'ile et son ciel virer au rose ou encore passer ma main sous ta robe d'été fuyante, afin de venir avec virulence, sermoner tes fesses joufflues et constater qu'elles sont toujours là. Je vais comprendre que tu me manques atrocement, toujours un peu plus, sans commune mesure, de manière croissante...

Je vais alors t'écrire un livre, pleurer des litres d'alcool et boire mes larmes, m'enfoncer dans le mutisme et sortir mes tripes. Je vais taper, rectifier, croiser, faire valser des milliers de mots sans économiser mes maux. Alonger, aligner, faire se succéder des millions de lettres pour habiller mon manque de toi. Je vais acheter ton parfum pour accompagner cette perverse douleur. Non d'ailleurs j'achèterais TOUS les flacons de ce parfum, pour que jamais plus une seule personne ne soit envoûter par ton odeur. Je vais sauter à l'élastique pour me rapprocher de l'effet de ton premier baiser, J'écouterais en boucle toute les chansons qui me rappelleTOI, J'irais dans tous les endroit qui me rapelle TOI. Je vais me surprendre à laisser couler une larme devant un modeste feuilleton d'après-midi, se rapprochant de la définition de navet. Je vais voir des traces de pneu se dessiner sous mes yeux...

Je vais sortir de chez moi, un samedi à 15h du matin. Je vais poser mes pieds sur le bitume chauffé par la chaleur écrasante d'une journée d'avril, allumer la cigarette matinale qui me fera tourner la tète, pour me rappeler ce que c'est que de te faire l'amour. Je vais marcher en direction d'une café, croiser les gens qui vivent leurs vies, sans être encombrés de problèmes aussi superficiel que le mien. je saluerais mollement mon voisin, ferais un clin d'oeil furtif à une connaissance, tracerais mon chemin tète baissé. Je vais rentrer dans ce café, faire la queue, regarder la vitrine et m'arrêter. M'arrêter de bouger, de penser, de réfléchir, d'envisager, d'entendre, de respirer...

Je vais tout arrêter pour pouvoir sentir. Rester immobile et sentir pour ressentir. Ce parfum... il est là. D'un seul coup, une main, douce, fluette, à ongles... D'un seul coup une présence, derrière moi, sans me toucher, juste une chaleur. Cette main qui frôle la mienne. mes jambes qui s'effondrent, mon système respiratoire qui défaille, mes yeux qui se ferment...

Je vais ne pas me retourner. Je vais sentir tes seins se blottir contre mon dos, ta main prendre la mienne. Tous mes sens reprendront en choeur le rythme anarchique de mon coeur. Je vais me retourner, garder mes yeux fermé pour finalement les ouvrir, car j'aurais peur que mes battements de coeur ne te blesse...

Je vais sortir de ce café avec toi, ne rien te dire. Je vais me perdre dans le bonheur de l'instant présent. et j'aurais envie de savoir quelle femme agée tu seras...

Je vais, quand même, sortir le livre de mon malheur. Ce sera comme le cadeau de noël de nos adieux précédents nos retrouvailles. Je vais t'emmener dans mon voyage. Je vais t'emmener avec moi...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Alex Taurel - Publié dans : Roman d'un jour - Communauté : ecrivains en herbe
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Mercredi 22 décembre 2010 3 22 /12 /Déc /2010 00:24

12juin2006powershotg10grenouillefagusrestoacdc 0018...Alors je suis sorti m'asseoir; les yeux hagard, les mains moites, la goutte sur la tempe, le dos transpirant; à une table de la terrasse du troquet où j'étais. Complètement robotisé, j'ai posé mes fesses sur cette chaise en feraille verte et humide, tandis que j'embrasais une clope. Un avion passait au dessus de ma tête, un clébard chiait à mes pieds, entre les deux mon estomac se nouait.

Alors Secondes, Minutes et Heures entrèrent dans le TGV du Temps-Qui-Passe...

Alors je nous ai reconnu passer, main dans la main, dans cette rue, nous saoulant de bonheur. Je m'en suis voulu de ne pas etre aller à la mairie demander à ce qu'une plaque avec gravé " Ici, nous avons été scandaleusement heureux " soit installer à cet endroit. J'ai re-senti le plaisir de te peloter les fesses. Je me suis souvenu la jouissance de s'embrouiller lorsque l'on s'aime. Je me suis remémoré la seule première fois où je me suis retrouvé à 5cm de ton visage avant de t'embrasser. J'ai regretté de ne pas avoir saisi l'importance de plaisir aussi simple que,ta main sur ma cuisse, mon nez dans tes cheveux, ta tête sur mon épaule et nous, une bouteille de Bourgogne en terrasse, qui laissions filer ce temps qui passe...

Alors j'ai vu des couples bras-dessus/bras-dessous, des hommes loucher sur les décolletés, des adolescents s'envoyer des texto d'amour à deux balles, des femmes se faire inviter à boire un café, des petits garçons faire des oeillades à la vendeuse de lingerie, des amants sortir d'un cinq à sept à l'hôtel, des époux épris aller au restaurant, des jeunes couples flirter sur les bancs publics...j'ai alors compris qu'il fallait bien un peu de malheur dans ce monde en rute...

Alors j'ai vu des chats aboyer, des chiens de gouttières, des mouches attendre le bus, des pervenches glisser des chèques-cadeau sous les essuie-glaces des mal-stationnés, des moineaux sortir du couvent, des gens trouver chaussure à leurs mains, des trains sans retard, des deux roues se désaltérer à l'abreuvoir du saloon, des enfants téléphoner à l'horodateur, des calèches klaxonner, des hirondelles de l'air fumer une clope et discuter de leurs dernières escales à New york, Montréal ou Singapour, des bonshommes vert traverser au passage piétons...j'ai alors compris que je perdais la raison...

Le plus cynique c'est que je ne suis objectif que dans ces moments là...

Alors j'ai vu les beaux-gosses fanfaronner auprès des jolies demoiselles en talons hauts, les petites filles vomir toute la douleur du monde, parce que leur mamans refusaient d'acheter le dernier single d'Hannah Montana, les petits garçons lire L'Equipe par dessus l'épaule de leurs papas pastissé. J'ai cru voir passer ta voiture une demi-centaine de fois, J'ai cru voir se dessiner une satané enveloppe dans le coin gauche de mon Samsung Galaxy Spyca toutes les minutes. J'ai cru sentir que je me reveillais d'un cauchemar à chaque clope que j'allumais,..

Alors j'ai vu les blondes et leurs jambes interminables, les brunes et leurs seins opulents, les rousses et leurs fesses rebondies, les fausses charmantes, les vrai catins, les avenantes du samedi soir, les prudes sauf au pieu, les allumeuses, les vrai mignonnes, les salopes assumées passer sous mes yeux sans me soulever quoi que ce soit. Ni sourcil, ni queue et encore moins mon enthousiasme...

Et puis je t'ai vu au loin avec tes long cheveux, tes pieds dans ma barbe, tes seins sur mes joues, tes jambes à mon cou, ma langue sur tes trous, mon oreille sur ton ventre,écoutant ta respiration retrouver son rythme normal après l'amour . Ma bouche changea d'inclinaison, mes yeux appuyèrent sur l'interrupteur, mon coeur devint une boite à rythme, le conflit Israélo-Palestinien cessa, le chômage recula de 10%, la température augmenta de 10°c, James Dean, Jimi Hendrix, John Lennon et Jocelyn Quivrin n'était plus mort...tu approchas et je me maudit d'avoir une si mauvaise vue. On appelle cela, un ascenseur émotionnel. J'en ai alors conclu que la vie n'était pas une comédie romantique à rebondissement ou un roman de cet auteur pour midinette : Enzo Parisse...

Alors j'ai déclaré Amen Omen de Ben Harper, qui flirtait en boucle dans mes tympan, chanson la plus triste du monde...

Alors je me suis vomi de tristesse, j'ai bu une à une toutes mes cigarettes, j'ai manger dix Jack Daniel's et repris trois Cognac en dessert. J'avais FIN.................

Alors  Le Bonheur va.

Alors Tout vient à point

Alors Rien ne sert de courir.

Alors La vérité sort de la bouche.

Alors Un verre ça va.

Alors Les histoires d'amour finissent.

Alors j'ai compris que je quittais ta vie. Si les plus belles fêtes sont celles qu'il y a à l'intérieur de nous, c'est aussi vrai pour les tragédies...

Alors j'ai vu la pluie frapper mon visage pendant que le soleil valsait avec le ciel.Tout va bien, moi non plus...

                

 

 

 

 

 

 

Par Alex Taurel - Publié dans : Roman d'un jour
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Vendredi 10 décembre 2010 5 10 /12 /Déc /2010 14:10

ciel nuages 59 Le ciel est bleu et fréquenté de nuages. Je le fixe, tire sur ma cigarette nerveusement, me mordille la lèvre inférieure, recrache la fumée qui a goudronnée une parcelle de l'autoroute A5 de mes poumons...Mon esprit s'échappe et dévit de mes pensés qui me rendaient initialement nerveux.Je vois un nuage chantilly-esque qui approche du soleil. Je le redoute. Sentir le soleil qui réchauffe sa peau lorsqu'il fait frais fait partie des plaisirs simples de la vie. Je me demande qui me rajoute encore des bâtons dans les roues. Et puis je me dis que si je fuyais, que je partais en courant, que je me lançais loin, que je changeais d'endroit,j'aurais toujours ces rayons de soleil sur ma peau...

Parfois on regarde les choses telles qu'elles sont en se demandant pourquoi, parfois on les regarde, telles qu'elles pourraient être en se disant pourquoi pas...

Aussitôt, j'écrase ma cigarette et je me précipite. Je me précipite...Je me précipite au chiottes pour pisser, c'est déjà ça. Quand on se précipite en général, on ne sait pas comment le faire. Je profite de ces 30sec urinaire pour faire le point sur ma précipitation. Chasse tirée, braguette fermée, basket aux pieds, CB checké, porte claquée, deux roues enfourché...je file et me précipite.Le bitume s'engouffre sous mes yeux et mes roues. On dirait mes poumons. Le soleil a corrigé ce salopard de nuage "perle de lait". C'est beau le bitume quand il fait soleil... les arbres y font ombres chinoises J'entends des klaxons, peut-être à mon encontre, ce que je sais c'est que le feu vert est avec moi. Je trace ma route. Ma cervelle fume, c'est un diaporama dans ma tête, un dossier PDF en continue, ma stéréo est sur Nostalgie...je ne remarque même plus ce qui m'entoure, la circulation est obsolète...

Elle est là. Elle, son tout, ses riens, son boule , ses reins, son goût, ses seins, son souffle, ses mains...

Je l'ai eue, je l'avais, je l'ai perdue, rattrapée, oubliée, rejointe, gagnée, désespérée, énervée, étouffée, poussée, supportée...je l'ai aimais, je l'aime.

J'arrive en gare. Parce que oui, toute les histoires d'amour ont des moyens de locomotion. Parce que oui, j'ai peur en avion.Parfois le hasard fait bien les choses, un train sur trois fonctionnent, et il y en a un qui me va droit au coeur et part dans 10min. Pas le temps d'acheter des billets... Tant pis, je paierais en sus, amende et consorts s'il faut. Ce n'est pas moi qui le dit, l'amour de sa vie ça n'a pas de prix, pour tout le reste il y a Eurocard/Mastercard.

Si vous suivez..."baskets aux pieds, CB checké..."

Je me précipite en voiture 16, par chance il y a de la place même une fois que le train démarre. Place 27 côté fenêtre pour voir la France faire un défilée sous mes yeux, collection Automne/Hiver. Je lâche la haute couture au bout de 20min... Le diaporama se relance.

La première fois que je l'ai vue, j'ai eu envie de la prendre dans mes bras, la première fois que je lui ai parlé, j'ai eu envie de la faire rire, la première fois que je l'ai embrassée, j'ai eu envie de voyager avec elle, la première fois où je lui ai dit je t'aime, j'ai eu envie que ma vie ne s'arrête jamais, la première où j'ai couchée avec elle...j'ai eu envie de recommencer.La première fois que j'ai recommencer j'ai eu envie de me réveiller avec elle, la première fois que je me suis réveillée avec elle, j'ai eu l'envie de la première fois où je l'ai vue...

Les histoires d'amour sont mal faîtes. C'est toujours ceux qui sont fait pour être heureux ensemble qui ont des soucies. Peut être ne veulent-ils pas, par pudeur et humilité, que cela soit trop facile. Après tout on est conscient de son bonheur, seulement si on a tutoyé Malheureux. Nous somme tous les deux très pudique et humble.

Alors que je suis en Train, ses mots de la veille reviennent entêtements comme le refrain d'un mauvais tube d'été de TF1 dans ma tête :

dur, loin, jaloux, manque de confiance, plus pareil, besoin de partir, loin, longtemps, Bali, laisse moi, Thailande....

Pouuuuaaahhh !!! font vraiment de la merde TF1 !!!!

Je me précipite vers elle. Après ce refrain je suis restée figé pendant 10h d'affilée, mes seuls gestes ont été de fumer, de pisser et de boire entre la 7eme et la 10eme heures, puis je me suis précipité. Elle n'est à pas côté. Alors la précipitation prend du temps. Je ne sais pas quand est ce qu'elle doit partir.

Dans une semaine, 1h, demain...Peut être l'est elle déjà. Alors je me suis précipité, pour arrêter de gâcher. Je réfléchis trop...peut être qu'en me précipitant... Ou bien peut être qu'en arrivant elle sera déjà parti, où sur le point de la faire. Je ne la croiserais peut être même pas.

Elle partira, loin, à Bali pendant 3mois et elle rencontrera un bel expatrié Argentin qui est un fin connaisseur de vin français, qui parlera 5 langues, s'occupera d'un orphelinat en même temps qu'il fait fonctionner sa boite d'import/export de textile bio sud américain. Il jouera de la guitare, sera beau et aura confiance en lui malgré qu'il eu été largué par sa femme il y a 5ans, sans prévenir, ce qui rajoutera cette touche de fragilité au personnage... elle craquera, l'épousera et ils partiront faire leur voyage de noce en Thailande ou ils procréeront leur premier enfant, Andrès...puis suivrons, Julia, Camille, Javier, Lizia et le petit Enzo. Moi je m'écroulerais tel le mur de Berlin, à coup de massue. On installera des péages sur mon autoroute de poumon tellement je fumerais. Je deviendrais alcoolique pour ne plus penser à elle, avec l'effet inverse. Je perdrais la femme que j'aime, mon boulot, ma fierté, mes amis, mon envie, mes couleurs... La calvitie me rattrapera mais je choisirais pour me saborder de ne pas me raser et de laisser la mèche-cache-misère... A 30ans, j'en paraîtrais 68...Ma vie serait ruiné et je subirais le coup de grâce en croisant toute la petite famille de passage en France, elle ne me reconnaîtra pas. C'est ce qui va m'arriver c'est sûr. Je sens ces trucs là. Je mesure ce qu'est d'avoir "mal au coeur."

Parfois on regarde les choses telles qu'elles sont en se demandant pourquoi...

 Je repose mes yeux sur le défilée qui s'offre à moi et retrouve un peu mes esprits. Juste le temps de m'apercevoir que je suis presque arrivé et qu'aucun contrôleur ne m'a demandé de billets... Je souris, croise les doigts et m'échappe dans mes pensées insatiables. Peut être que ce que je fais est enfin un vrai départ pour nous. Peut-être qu'en arrivant, je prendrais un taxi à qui je raconterais mon histoire et qui se débrouillera pour prendre des raccourcis, manque de chance, nous tomberons sur un embouteillage. Alors je paierais, lui dirais de garder la monnaie, il me répondra "bonne chance mon pote", je commencerais à courrir, courrir et ne jamais m'arrêter, toujours au même rythme, je courrais encore, déterminée, les gens se retourerons et m'encouragerons.Et puis j'arriverais juste avant qu'elle même ne monte dans son taxi, elle lachera ses valises toute etonnée que je sois là, je marcherais jusqu'à elle, ni essouflé, ni transpirant. J'entendrais nos deux coeur battre si fort qu'un passant demandera au voisin si "les tambours du Bronx sont en concert dans le coin cet aprem ?", les nuages s'éclipserons un à un, laissant place à un arc en ciel, sans qu'il n'y ai eu une seule goutte de pluie, Yann Thiersen déclenchera une ballade romantique au piano et violon... Je m'approcherais, elle voudra me demander ce que je fais là, je la couperais et lui dirais que "la premère fois que je t'ai vu j'ai eu envie de te prendre dans mes bras... je me rend compte que toute les autres fois où je t'ai vu, ça a toujours était le cas. Tu ne ressembles à personne...Je ne veux pas que tu ailles faire des enfants avec un argentin de Bali... Je veux vivre avec toi". Elle sourira, rigolera et m'embrassera et ça sera le 14 juillet et la fête de la musique combiné dans mon corp. Je m'excuserais auprès de son taxi pour ce déplacement inutile, et il me répondra "c'est rien mon pote..."

Parfois on regarde les choses telles qu'elles pourraient être en se disant pourquoi pas...

 Je sors du train, de la gare, allume une clope, marche cent mètre, descend dans une bouche, rentre dans un wagon, et cotoie de près la foule métropolitaine, un homme sent très fort l'alcool à 5cm de mon nez, une femme sent...on ne veut pas savoir ce qu'elle sent, à 1m de ce même nez. il y a des jeunes, des vieux, des beaux, des moches, des riches, des pauvres, des étudiants, des enfants, des Mp3, des Ipad, des Iphone, des journeaux, des yeux hagards, des yeux plissés, des yeux durs, des sudokeur, des discussions...bref il y a des gens. Je sors d'une bouche, marche en envoyant un texto, sifflote, stress, sue des mains, fume, cherche, attend un texto ou un appel, m'énerve... Beigbeder disait : "l'amour au XXeme siècle, c'est un téléphone qui ne sonne pas...".

 J'arrive en bas de chez elle, pas de taxis.

Je sonne en bas de chez elle, pas de réponse.

Je l'appelle en bas de chez elle, pas d'autre voix que le répondeur.

Je fais quelques pas, allume encore une clope pour faire avancer mon chantier de travaux publics en regardant jouer les enfants du terrain d'à côté... Des mains viennent se glisser entre mon ventre et mon pull, des seins viennent se blottir contre mon dos, je jette ma clope à peine entamer, me retourne et la serre dans mes bras...

Je souris, elle aussi. On s'embrasse. Nous nous serrons fort. Ils ne font pas d'effusion auditive de joie.

Le même Beigbeder écrivait : "Les plus belles fêtes sont celles qu'il y a à l'intérieur de nous" . J'échangerais toutes les putain de grosses soirées de ma vie que j'ai faites et qu'il y a venir contre celle qu'il y a en moi en ce moment

Vous ne comprenez pas....

Je réfléchis trop parfois. Je me précipite aussi. Je suis simplement un auteur qui est venu rejoindre la femme qu'il aime, qui s'est fait des histoires et s'est perdu dans son imagination...

Parfois on lit les choses telles qu'elles sont en se demandant pourquoi, Parfois on les lit telles qu'elles pourraient être en se disant pourquoi pas...

Je la prend par la taille, nous partons goûter un peu au bonheur et vouvouyer Malheureux.

- " Je t'ai déjà dit que la première fois que je t'ai vu, j'ai eu envie de te prendre dans mes bras, que la première fois que je t'ai embrassé..."

- "Allez hop hop hop...arrêtes toi de suite, je n'suis pas une de tes lectrices mon grand...! "

Des hommes en hausse de testostérone sifflent la jolie fille en mini-jupe, des vieilles font chier leurs clebards sur le trottoir, la SNCF est en grève, le beaujolais nouveau est imbuvable, l'Afrique à toujours faim, il y a 1h de queue à la poste, Fabrice Lucchini est incollable en littérature, la baguette de pain est à 0,80c d'euros.... bref la terre n'a pas cessé de tourner.

Demain est un oiseau qui siffle, demain est un corp chaud et nue allongée contre mon dos, demain est un bisou dans le cou, demain est son sourire qui illumine ma vie, demain est un verre de bourgogne partagé, un décolleté, une main passé dans mes cheveux ou ma barbe, un pétard qu'elle porte à mes lèvres, un clin d'oeil maladroit, demain est sa main dans la mienne

Par Alex Taurel - Publié dans : Roman d'un jour - Communauté : ecrivains en herbe
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  • Alex Taurel, né le 15 juin 1984 à 0h00     gémaux ;-)

  • - A été élevé avec Voici, Elle, Psychologies, L'Equipe et Cosmopolitan comme compagnon de WC...
    - A un rapport particulier avec l'alcool (dixit ses proches).
    - Venère Fred Beigbeder, Guillaume Musso, Hank Moody, Cédric Klapisch, Francois Damiens et Jean Marc Ravera.
    - Aime Barcelone, Espigoule, le foot, écrire, le cinéma francais, l'accent belge, la musique et les gens.
    - Est "amoureux" de Romain Duris.
    Signe particulier : Recordman du nombre de création de groupes sur Facebook

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