Lundi 21 mars 2011 1 21 /03 /Mars /2011 17:31

Je crois que j'avais très mal commencé et que c'était un signe. A 5 ans je me considérais comme amoureux de Sophie, je tentais déjà une approche romantique. Je ne sais pas qui m'avait mis dans la tète qu'à cet âge là, un garcon éprit offre des fleurs à sa désirée. Alors quand ce garçon est timide et qu'il n'ose pas faire lui-même le boulot, il envoit en première ligne son p'tit cousin Antoine, de deux ans son cadet. Ce devait être une franche réussite. Quand les marguerites arriverait dans ses mains, Sophie m'offrirait toutes ses dents à travers son plus beau sourire, avant de m'offrir le miel de ces lèvres à travers un baiser sincère... Est-ce que vous avez remarqué la propension que l'on a à prévoir des choses, à projeter, à scénariser avant un rendez-vous, un acte amoureux ? Ce qui était prévisible arriva. Antoine se trompa de destinataire, offrant les marguerites à Ingrid. J'accouru pour rectifier, bafouilla des onomatopées catastrophiquement inaudibles qui mirent les sourcils de Sophie en circonflexe, Ingrid comprit l'erreur, jeta les fleurs par terre, pleura en les piétinant. J'étais immobile et incapable de changer quoi que ce soit à la tournure désastreuse qu'avait pris les événements. Mickaël, le redoublant costaud qui disait déjà des gros mots passa par là, et s'envola vers le tourniquet de ferraille rouillé du fond de la cour, avec à son bras mon premier frisson amoureux. Il ne faut jamais prévoir les choses quand on est amoureux...

Est ce qu'on a besoin d'avoir 30ans pour faire le bilan, comme le suggère Xavier dans Les poupées russes ? Je crois que le moment arrive quand on sent qu'on a posé son coeur sur la plus petite, la dernière de ces poupées qui était caché dans toutes les autres...

Seli est une fille incroyable. Elle est capable, dans la même minute, de m'émouvoir d'un battement de cils, découvrant ainsi ses yeux d'une profondeur abyssale, puis de me faire revenir sur terre, en hurlant les plus grasse insultes à l'attention d'une clio blanche qui ne se rabat pas assez vite sur la fille de droite, d'enchaîner par le pelotage sensuel du haut de ma cuisse  gauche en raprochant sa bouche entrouverte de la mienne et condamnant à la faillite mon système respiratoire... Puis en le sauvegardant au moment où elle se retire soudainement en me lançant un "ohhhh pffff... tu sens l'tabac!!!" des plus castrateur... Seli est belle. Point. C'est un euphémisme. Elle est un peu comme un chocolat de luxe d'une confiserie réputée : l'emballage est beau, le contenu est bon. Seli a 28ans, aime acheter des livre dont elle ne lit que la dernière de couverture, fumer des pétard et boire du vin rouge de qualité, rire et écouter des chansons aux paroles tristes. Elle a une humeur aussi stable que les plaques tectoniques sur lesquelles se trouve le Japon. C'est un paradoxe constant. On a envie de lui sourire toute la vie et de la gifler l'instant d'après, de lui faire un enfant et de partir en courant, de la couvrir de baiser et de lui hurler au nez. On ne sait jamais sur quel pied danser. Elle n'est pas une amatrice de transitions, elle aime passer du silence à la fureur. Voilà, c'est la dernière chose qu'il faut préciser, alors que nous sommes dans la silencieuse réflexion d'une conversation sérieuse, elle peut tout à coup chanter à tue-tête : "Allez viens, j't'emmène au veeeeeeeeent... je t'emmène au dessuuuuuus des gens..." . C'est sans doute ce qui la rend si attachante. Alors c'est une information à mettre au conditionnel, mais il semblerait bien que je sois amoureux d'elle.

Pour laisser tomber cette sentence sentimentalo-littéraire, un retour en arrière s'impose. Est-ce que je sais ce qu'est être amoureux ? Est ce que je ne galvaude pas mes sentiments ? Est ce que je ne m'enflamme pas une nouvelle fois ? Antoine ne va-t-il pas se tromper de destinataire ? Vais-je prévoir des choses qui ne sont passeront absolument pas comme il faut ? Mickaël, le redoublant de maternelle, a-t-il chopé le tétanos sur ce vieux tourniquet tout rouillé ?

Je crois qu'a un moment donné dans ma vie sentimentale deux chemins se sont offert à moi comme, je pense, ils s'offrent à nous tous. Être un conard ou être un gentil. Ou si vous préférez, être un Qui-montre ou être un Qui-montre-pas. Les Qui-montre sont des gens plein de candeur et de naïveté qui croient être dans le bon chemin. Ils disent les choses quand ils le ressentent, ils ne se cachent pas, ne jouent pas les jeux stupides tels que "fuis-moi...suis, suis-moi...fuis et nanani nanana", sont aussi fidèle que des hommes de Dieu, n'ont peur ni du passé, ni de l'avenir, croient en l'amour, et garde toujours l'espoir même quand cela se barre en couille. Ce sont des petits cons qui se sont auto-élevé sentimentalement au cinéma et à la littérature romanesque comme les jeunes filles étaient biberonné aux histoires de princes charmants, il n'y a pas si longtemps. Les Qui-montre-pas sont tout le contraire. Ce sont des conards lucides qui ne lisent pas, et qui vont au cinéma sans chercher à s'identifier. Ils ne lâchent rien, sont méfiants, stratégiques, pragmatiques, opportunistes et retombent sur leurs pattes comme des aristochats. Très vite, mon chemin était tout tracé. J'allais me gaufrer la gueule avec les Qui-montre, et m'y complaire, et insister. Au lieu de m'aiguiller sur l'autre chemin, l'expérience Sophie, allait motiver le têtu que je suis, à prouver que les histoires d'amour littéraire et cinématographique sont inspiré de la vrai vie... "Oui, bonjour, pour aller droit dans le ravin ? c'est ici ? merci..."

Autant ne pas démarrer par le début. Sophie a été l'échec cuisant que je vous ai narré précédemment et nulle besoin de s'attarder plus longuement sur ces délicieux et longs cheveux châtain clair et sur l'envoûtement du timbre de sa voix. Consciemment ou pas, cette histoire m'a fait faire un bond de dix ans. De la bévue d'Antoine, jusqu'à ce nouveau frémissement : Rien. Aucun souvenir, Aucune sensation, Aucune sudation accentuée, ni gorge noué. J'ai traversé mon enfance et la pré-adolescence sans sentiments. Je me suis construit des rêves, des désirs, des références, des comme-je-veux et des comme-j'aimerais. Je me suis façonné une identité sentimentale avec le cinéma français en croyant voir la vie des gens pour de vrai. Et puis tout s'est accéléré. Anne est arrivé avec ses yeux gris/jaune, sa lèvre inférieure légèrement ourlée et sa poitrine démentielle. Ma crédulité adolescente m'a fait penser, à l'instant où je l'ai croisé pour la première fois que c'était elle... Qu'aujourd'hui ou demain, ce serait ma dernière. Cette idée-là, me fera beaucoup de tort par la suite. Je ne vais pas vous surprendre, tous mes stratagème romantique n'auront rien fait. J'ai flirté avec, mais ne l'ai point eu. Je lui ai déclaré ma flamme avec plus de prose que Chateaubriand, mais ne l'ai jamais tenue par la main. Et la vie a suivit son cours. Rapidement, Julia fit irruption. A mesure que je construisais mon univers, mes croyances, mes convictions sentimentales et relationnelles, que j'écoutais, analysais, lisais, mes échecs étaient toujours un peu plus violent. Julia, était brune, mâte de peau, femme à seulement 16ans. Elle était tout sauf précieuse, buvait de la bière, savait se battre,mais avait un visage aussi touchant que l'apparition des premières fleurs au printemps. C'était comme un meilleur pote qui pouvait te faire bander rien qu'en te souriant. J'ai pris le temps, j'ai tourné ma langue sept fois dans ma bouche, j'ai commis des silence révélateurs, j'ai essayé d'être intuitif... Et puis j'ai été un Qui-montre. Et puis j'ai morflé. Et puis j'ai passé des heures à écouter des chansons de U2 dans ma chambre, en espérant la voir arriver par le balcon. Et puis c'est passé. A un moment, n'importe quel mec, se rend compte qu'il faut devenir un autre. Que les histoires d'amour ne s'espèrent pas, qu'elles se vivent quand elles sont là. Et bien moi non. J'ai gardé mon fonctionnement, croyant à ma bonne étoile, pensant être le héros du film que je vivais et dont j'étais le seul spectateur. Pathétique. Ce film a en tout cas des casteur de bon goût. Il amena un nouveau second rôle féminin époustouflant. Au détour d'une rue menant au lycée, je l'ai croisée un matin, comme j'en croisais des dizaines tous les jours. A la lueur d'un rayon de soleil de septembre, j'ai vu ses dents briller, ses yeux scintiller, ses cheveux flotter, son décolleté me provoquer et sa cambrure m'incendier. Elle s'appelait Marie et sa conception devait être immaculée. Je me suis frotté les yeux. J'étais déjà dedans. J'ai passé des semaines à tenter de l'approcher et j'y suis arrivé. J'ai passé des semaines à essayer de la faire rire et j'y suis arrivé. J'ai passé des heures à chercher sa langue et je l'ai trouvé. J'ai écrit des chansons aux notes de violons sirupeux pour la courtiser durablement mais rien n'y a fait. Je me suis, une nouvelle fois, retrouvé seul, mes yeux et mon front face aux paumes de mes mains, Une nouvelle fois, mon scénario était refusé par le producteur de ma vie. Ce mauvais film commencait à avoir des longueur et des redondances irritantes. Cette nouvelle baffe, m'a un peu calmé et je me suis rabattu sur des séries AB Production. Ce n'était pas l'extase, mais au moins, j'ai laissé U2 tranquille. Les années ont passé, mon adolescence avec.

J'étais maintenant un jeune homme légérement écorché par tant de tentatives infructueuses, un Qui-monte qui se cachait un peu, tapit dans l'ombre, bien décidé désormais à ne sortir voir la lumière et décocher ses déclarations qu'après l'apparition de certitudes. D'un point de vue spectateur, on peut considérer que j'étais devenue un Qui-montre-pas. J'enchainaisdes relations plates, mon coeur etait aphone et mon inspiration insipide, il n'y avait aucun danger car aucune envolée. Oui, je devenais un connard de substitution. J'ai toujours été un peu schyzophrène je crois. Virginie, Ambre, Loan, Léa... Il n'y a rien de plus triste que de vouloir, ou d'être avec, une fille dont vous n'avez pas peur qu'elle ne vous aime pas. Cela n'a rien de péjoratif, elles n'étaient juste pas faite pour moi. Pourtant, c'est grace (ou à cause) d'une de ces filles, que j'allais replonger dans mes sentiers tortueux, que j'allais retrouver ma place dans le sinueux chemin des Qui-montre. Depuis le début et jusqu'à cet instant de ma vie, j'étais persuadé que si j'éprouvais quelquechose de bizarre pour quelqu'un que je découvrais, c'est que j'en devenais amoureux. Je crois que dans  les histoires, on appelle ça, le coup de foudre. J'étais avec Léa et notre relation ressemblait aux Pays-Bas... En cet après-midi de juin, nous étions assis à la terrasse d'un café de bord de mer, et la foudre tomba, alors que soleil occupait le ciel. Une brune à la chevelure encore humide et salée arriva, elle portait un paréo et sous son haut blanc léger et échancré, on pouvait distinguer son bikini vert. Sa peau bronzé était blanchi par le sel séché de l'eau de mer. Elle marcha jusqu'à notre table, s'arréta et avec un grand sourire nous regarda. C'était une amie de Léa, elle sappelait Jeanne et venait de me sortir de la monotonie de mon existence. Dès le début, j'ai su que je la voulais. Dès le début, j'ai cru que je tombais amoureux. Dès le début, j'ai cherché à ce qu'elle me regarde. Parce que oui, petite paranthèse. Je ne suis pas un garcon qu'on regarde naturellement. D'elle même, une fille ne se penchera pas sur moi. Je ne suis pas ce qu'on peut appeler, quelqu'un de beau. C'est parce que je vais essayer de faire remarquer ma personnalité qu'on va éventuellement poser ses yeux sur moi. Paranthèse refermée. Au bout de quelques temps, Jeanne m'a regardé. De très près même. J'ai adoré m'ennivrer avec elle, lui parler sans prononcer un mot, me cacher pour la retrouver, pretexter toutes sortes d'excuses pour m'échapper des autres, avoir pour carrosse sa voiture sur les hauteurs illuminé des nuits qui tombent. Jeanne et moi étions illégitime. En effet, tout comme, j'étais avec Léa, elle était avec quelqu'un. C'était passionant et réciproque. Enfin c'est ce que je croyais. J'ai fait mon Qui-montre. J'ai quitté Léa et déclarer mes envies de vie à Jeanne. Elle n'a rien dit, ou pas su quoi dire, elle était une Qui-montre-pas. Elle n'a pas quitté son copain et m'a reproché de l'avoir fait à Léa... Une fin, somme toute, connue d'avance, pour un Qui-montre...

Et là, j'ai arrété. Je me suis mis à observer. A regarder les gens vivrent. A écouter, sans juger, à avoir l'oeil sur des petites choses futiles ou délicates. Je suis devenue le spectateur de leurs vies. Je me suis assis sur le tabouret d'un bar, j'ai bu et j'ai contemplé le fabuleux spectacle de la vie des autres. J'en suis même venu à conseiller. Je ne me suis plus posé de questions sur mon film. Il était aux oubliettes. Considérant peut-être que je m'étais surement trompé de chemin au départ et qu'il en faudrait, du temps, pour que je change. J'avais cette phrase toute faite, que les parents nous disent pendant l'éducation, qui défilait dans ma tête comme un message : Il faut tirer les leçons de ses erreurs.

Que ce soit clair de suite. Adulte, en amour, on ne tire jamais les leçons de ces erreurs. On est comme on est. On est comme on s'est fabriqué. On s'est construit notre ADN, notre personnalité sentimentale et il est quasiment impossible d'en changer, même si l' on se trompe, même si l'on se fait mal. Simplement, à un moment, on sait que ce n'est plus grave. que peut importe les erreurs et les défauts, ça ira avec elle...

J'ai pensé que ce moment arrivait quand j'ai vu Anne, re-débarquer dans ma vie. J'ai cru la boucle bouclée. J'ai repensé à ce moment là, où je me disais que c'était elle, qu'aujourd'hui ou demain, elle serait la plus petite, la dernière. Et aujourd'hui, nous étions demain. Anne et moi étions adulte, et la première fille qui m'avait donné envie de faire l'amour, revenait vers moi. Qui n'aurait pas flanché ? Qui n'y aurait pas cru ? Quelle personne, dans ma peau, avec mon ADN sentimental et ma putain de vie au scénario en attente, n'aurait pas mis la bobine et entendu "Action" ? Qui n'aurait pas prévu, projeté, scénarisé sur ces retrouvailles digne d'un des films que j'ai vu des dizaines de fois ? Alors, plus que d'habitude, j'ai été un Qui-montre, croyant que j'arrivais au bout du chemin. C'est triste, mais je me suis cru fou d'elle, simplement parce que mes souvenirs revenaient et que j'etais surement fier de me dire: "j'y suis arrivé !". On appelle ça, s'emballer, mettre la charrue avant les boeufs ou dans ce cas là, se croire amoureux avant de le ressentir. La petite histoire s'arréte là. Les prémices mielleux d'une relation fusionelle laissèrent place au constat amer dune vaste fumisterie en trompe-l'oeil.

Quand j'ai rencontré Seli, il ne s'est rien passé d'extraordinaire. Ses cheveux n'était pas en train de tournoyer en sentant la lavande, elle ne m'est pas apparu en pleine lumière au détour d'une conversation brumeuse. Une connaissance me l'a présenté entre deux verres de whisky un samedi soir de Juin. Je l'ai trouvé belle, mais comme je l'ai déjà dit, ça c'est une évidence. De toute façon, elle était trop belle pour moi. Ca en été fini des délires. Il fallait que je comprenne que j'étais surement fait pour une fille qui ne me ferait pas rêver. Et puis comme j'étais éreinté par tant d'emballage incohérent, c'est sur ça n'aide pas à vivre des choses. Seli et moi, nous nous sommes recroisé des dizaines de fois, avec toujours ma timidité pour partenaire et ma retenue en bandoulière face à une beauté aussi certaine. Je n'ai jamais cherché à ce que ces yeux aux couleurs indescriptibles se posent sur moi. J'étais devenu un vrai peureux. Et la vie a suivi son cours... La plupart des couples adorent se raconter des histoires, penser que leurs rencontres revêt d'un caractère exceptionnel, abreuvent leurs auditeurs de détails surprenants et atypiques lorsqu'il racontent le parcours de leur union qui pourtant, s'est formé dans une banalité la plus totale. On cherche à être unique à deux, pour se persuader qu'on est au bon endroit avec la bonne personne. C'est quand Seli, est rentré dans ma vie qu'il s'est passé quelquechose d'extraordinaire. Pas dans les faits c'est certains. Nous nous étions rencontré depuis trois déjà, mais sans rien prévoir, nous nous sommes mis à discuter un jour. Un jour comme un autre. Etait-ce parce que nous étions chacun derrère un écran, que notre image n'apparaissait pas, que tout a changé ? Surement un petit peu. C'était loin d'être un scénario extraordinairement cinématographique comme j'avais cherché à en vivre dans ma vie. Pas d'apparition ensoleillée, pas d'oiseaux qui chantent, pas de violons qui berce, pas de mains moites, ni de sueur dans le dos. Juste le sentiment de découvrir sincérement une belle personne, et non pas une belle image. Et puis les seule choses qui ce sont emballé pour une fois, ce sont nos coeurs, ensemble.

On ne se refait pas. J'ai laissé une part de romantisme mielleux de cinéma dans notre re-rencontre. Je n'ai en aucun cas tiré les leçons de mes erreurs et oui, j'ai prévu. J'ai prévu alors que j'étais dans un acte amoureux. Au risque d'etre déçu. Il faisait beau. nous devions nous retrouver dans un endroit neutre. J'ai donné rendez-vous à Seli, sur une esplanade face à la mer, espérant qu'ici commençe notre lutte contre l'amer. J'étais tourné vers le large, Ne le dis à personne de -M-  dans les oreilles, enchainant les clopes et les Tic-Tac. Je tournais le dos à son arrivée, c'était le meilleur moyen pour moi, de ne pas nous rendre mal à l'aise. J'étais en transe, je n'entendais rien, elle pouvait arriver d'un moment à l'autre. mes jambes flageolaient. Il faisait un peu frais, avec cette légère brise de bord de mer... Et j'ai ressenti une chaleur dans le dos. Mon souffle a trésailli et mes jambes se sont écroulé. Du moins c'est la sensation que j'en ai eu. Puis je me suis figé, la chaleur fut plus présante. Des bras ont fait le tour de ma taille, tandis qu'une tête se posait délicatement sur ma nuque. Elle m'a bercé dans un flow très lent et nous nous sommes tu pendant quelques secondes qui semblèrent une éternité. Lorsque nous l'avons senti, nous nous sommes retourné, pour nous regarder dans les yeux. C'est difficile de définir le trouble... Nous nous redécouvrions physiquement après s'être découvert tout court. C'était bon. Je pensai  : "c'est exactement le genre de fille que je voudrais emmener en vacances à Barcelone". Bien sur, et naturellement mes lèvres se sont posé sur les siennes et je lui expliqua que le gros trait noir sur l'esplanade, espérait voir un petit frère apparaitre lors d'un de nos futurs passages ici. On ne se refait pas... Enfin, c'était une entrée en matière classique qui détermine souvent le début des choses qui le sont un peu moins par la suite.

Je m'appelle Enzo et je n'ai pas encore30 ans, j'essaye d'être un auteur. J'ai vécu des films, j'ai vu mes histoires, j'ai raconté des livres et j'ai lu ma vie. J'ai un gros problème. J'ai été influencé toute ma vie, par les choses que j'ai adoré voir ou lire. Je me soigne, mais vouloir vivre en racontant des histoires aux autres, et vivre sa vie sans s'en raconter, ne rend pas la guérison évidente. Seli l'a bien comprit, et c'est peut-être pour ça qu'elle est toujours dans ma vie. Certes, pas autant et comme je le voudrais, mais elle y est. Elle va et vient dans ma vie comme moi entre ses reins. Elle a bien saisi que j'avais cru que ma vie était une comédie romantique et que je crois que ça l'enerve un peu. Y'a des tas de trucs, chez elle, qui m'enerve. Moi, j'aime bien qu'elle m'enerve parce qu'elle le sait et le voit à mon visage, et que moi je m'évertue à lui faire croire que "non, c'est pas vrai, n'importe quoi... j'suis tranquille là". Notre histoire est compliqué mais je ne m'en plains pas, c'est la notre. Seli est parfois présente, parfois moins.

Alors quand on se revoit, je suis aussi sec et tarit que mon corps lorsqu'elle me quitte et que mes larmes l'accompagne. Quand elle me revient, je n'ai plus rien a sortir puisque tout s'en va avec elle. C'est l'histoire du serpent qui se mord la queue. C'est assez douloureux et cocasse au début d'avoir toutes les chansons de la terre à lui sussurer lorsqu'elle s'en va, et d'avoir tout dilapidé lorsqu'elle revient, mais on s'y fait assez vite. En fait, Seli et moi, c'est la vague et le sable. Elle vient, déboule avec la force du large, prend un peu de moi en me laissant sa trace humide, et repart du sable plein la vague. La redondance  nous attache. Je ne suis absolument pas triste de cette situation. Je n'ai jamais été aussi heureux de vivre quelquechose avec quelqu'un. Depuis qu'elle est dans ma vie, je regrette d'avoir connu d'autres filles. Seli m'a enfin fait comprendre ce qu'est être amoureux. Et puis c'est quand même la seule que j'ai présenté à mes parents, et ça ce n'est pas rien. C'est ma poupée russe, je le sais, c'est juste qu'elle est parfois un petit peu glissante et fuyante. Il y en a plus de 3 miliards sur Terre, et je suis fier d'avoir posé mon être dessus. Finalement, la seule leçon que j'essaye de tirer, c'est qu'il ne faut jamais prévoir les choses quand on est amoureux. Même si parfois je me prend à rêver qu'un jour, je ferais un grand puzzle sans motif. Il n'y aura pas de personnages ou de décors. Ce sera un fond blanc sur lequel se détacheront des formes rouges. Ces formes qui se révéleront être des lettres. Seli passerait de temps à autre sa tête au dessus de mon épaule, entre deux tirades de chansons française. Elle verrait le spectacle de la révélation progressive de ce dénouement. Il ne resterait que quelques pièces et déjà Seli pourrait deviner ce message construit avec minutie. Oui, elle pourrait alors lire ce qui était écrit : "Veux-tu devenir ma femme ?"...

Je n'ai pas la fin de ce casse-tete chinois qu'a provoqué la découverte de ma poupée russe. Je verrais ça au moment du générique. Tout ceci a provoqué un beau bordel digne d'une auberge espagnole. Tiens, ça ferait des bons titres de films ça, non ?!

On ne se refait pas...

Par Alex Taurel - Publié dans : Roman d'un jour - Communauté : ecrivains en herbe
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Lundi 14 mars 2011 1 14 /03 /Mars /2011 18:38

Si demain n'existait pas. Si les secondes qui doivent joncher le chemin de nos vies étaient amené à ne plus arriver. Si le temps qu'il reste devait partir. Toutes mes envies, désirs, fantasmes, rêves, projections ne seraient plus que des mots envolés avec la connerie de la retenue, du plus tard et du j'ose pas... Je ne veux pas regretter. Je ne veux pas que tu ne saches pas la couleur de mon voyage si tu étais amené à ne pas la connaître...

Retrouver la boule dans le ventre des veilles de rentrée scolaire en sachant qu'on va se retrouver enfin, siffloter un air badin en m'apprêtant pour m'apprêter à te voir, subir un séisme intérieur en t'apercevant, se mordre l'intérieur de la lèvre inférieure pour empêcher les larmes de t'accueillir, sentir le sol se dérober sous les pas des derniers mètres qui me séparent de toi, être gêné d'avoir envie de t'emb... et se retenir de le faire, briller des yeux en se noyant dans les tiens, bafouiller, se taire, écouter le silence troublant de l'avant, regarder par terre, se racler la gorges, relever la tête et te sourire... Se jeter l'un dans l'autre, le nez avec pour seul logement ton cou, se serrer aussi fort que l'on s'aime, jouir des effets que l'on se sème...

Te tenir la main en marchant, avoir nos sourires en bandoulière, manger une salade en terrasse, commander le café/l'addition, le boire en fumant une clope, te contempler pendant tu t'attardes sur les arbres en fleurs, le couple d'à côté et la vieille bossu qui jette du pain aux oiseaux peu farouches. Entendre ton bonheur silencieux et se taire. Nous écouter ne rien dire, se lever, marcher vers l'avenir, avoir envie de te dire je t'aime et ne pas le faire...

Te faire l'amour tous les jours, violemment, doucement, sévèrement, lentement, avec virulence, silencieusement, dehors, dedans, debout, assis, couché, au réveil, au coucher, entre les deux, plutôt deux fois qu'une, s'embrasser fougueusement, lèvres et langues humides jouant au chat et à la sourie. Te toucher, te caresser, te lécher, te parler, te fesser, t'entendre me supplier de continuer, t'écouter, jouir... ensemble... s'embrasser tendrement... entendre nos respirations s'accoupler pour retrouver un rythme décent...

Nous complaire dans notre vie matériellement instable, éviter la routine, avoir un chez moi chez toi et un chez toi chez moi, avoir deux chez Nous. Te rejoindre, sans que tu ne m'entendes, dans la cuisine, embrasser ta nuque pendant que tu verses les pâtes dans l'eau bouillante et baiser pendant le temps de cuisson. Chanter sous la douche, t'embrasser à pleine bouche quand je te rejoins dans le salon devant les informations, manger des pêches, aller au supermarché et perdre du temps, puisqu'il n'est jamais vraiment perdu quand on est ensemble. Te sentir lire le journal par dessus mon épaule, se brosser les dents en même temps, en se parlant avec les yeux et en se pinçant les fesses. Acheter des choses qui ne servent à rien, lire les potins people, boire du champagne avec de la crème de cassis, un mardi soir de Novembre. Regarder les gens, perdre au scrabble, calmer tes caprices, te voir bouder, faire le con pour te faire rire, s'ennuyer et comater devant Les vacances de l'Amour à des heures impossibles, faire le con encore, rester des heures à tables avec des amis, refaire le monde à deux, dans le lit, sans télé, ni musique. S'engueuler, se dire des mots cru, claquer les portes, partir, ne pas décrocher, faire l'autruche, se rabibocher, sentir nos odeurs et s'apaiser, te prendre en photo, bander à tout bout de champ, te laisser des post-it, recevoir tes MMS coquins, repeindre la chambre en vert, changer l'ampoule, descendre les poubelles ensemble avant d'aller s'en fumer une dans le parc en face, faire des listes exhaustives, danser derrière toi, me mettre quelquefois sur la pointe des pieds lorsque tu es en talons, nous déguiser, louer des films, connaître par coeur le spectacle de Manu Payet. Passer des après-midi d'hiver calfeutré, au chaud sous la couette qui aura élu domicile sur le canapé du salon, à boire des chocolats chaud, fumer des spliffs, manger des beignets au Nutella hyper calorique devant un film romantique, se lécher les babines avant de me charger des tiennes...

Se blottir l'un contre l'autre pour s'endormir et recommencer pour se réveiller, sentir de moi même que je ronfle et me retourner en m'excusant, avant même que tu n'ai envisagée le faire, placer constamment les dessus de mes pieds sous le dessous des tiens. M'endormir, parfois l'oreille sur ton ventre pour être bercé par ta respiration et les bruits bizarroïdes de ton intérieur, parfois mon bras dans le creux de tes seins. Etre étouffé par tes cheveux, se réveiller avant toi pour flirter avec le boulanger, prendre mon café au bar avec les vieux qui sont déjà au rosé, rentrer et attendre que l'odeur des croissants arrivent jusqu'à tes sens... et te voir arriver face à moi, pieds nues, jambes en X, shorty rose, top blanc à bretelles fine, cheveux ébouriffés, pour finir ta nuit, recroquevillé dans mes bras, ta tête dans mon cou, en me chuchotement des je t'aime et des t'es con...

Passer mon permis, manger des oignons, oser demander à la vendeuse de glace, de goutter le parfum Rocher Suchard sans le commander pour autant, apprendre à repasser, ranger mes chaussettes par paire, s'endormir parfois avant minuit, renoncer à voir des matchs de foot, étendre le linge dans le jardin pendant que tu te fais les ongles, t'emmerder quand tu t'épiles, refuser à jamais que tu m'entendes dans la pièce solitaire, te surprendre chaque jour sauf le 14 Février, te masser de la tête aux pieds pendant des heures juste pour nos plaisirs, flâner à Montmartre, aller sur les bateaux-mouches de la Seine, au Théâtre voir Edouard Baer, au cinéma pour le dernier de Romain Duris... ou simplement pour être dans le noir, main dans la main, avec des âmes silencieuses autour de nous. Assister, dans une petite salle, au showcase de Charlie Winston le jeudi, et à celui de Julia Stone le dimanche, manger des frites dans un bistrot de boulevard, faire les grands magasins  pendant l'éternité d'une après-midi de décembre, mais t'assister en cabine quand tu achètes de la lingerie,

S'allonger en été dans l'herbe rafraîchit par l'ombre d'un pin, promener dans un bois qui sent la noisette et la fougère pour cueillir des cerises, s'y arrêter pour faire l'amour contre un arbre, continuer et pique-niquer au bord d'un lac à peine ensoleillé, sortir un morceau de Bleu d'auvergne, de la charcutaille et un Bourgogne rouge. S'enfiler goulûment ces cochonneries avant d'en faire... Te voir te déshabiller, rentrer sans crainte dans cette eau qui te montera jusqu'au dessous des fesses, rouler un pétard en matant la poésie de ton corps et de tout ce que cela dresse : Tes poils, les miens, tes tétons, ma queue. Te voir me rejoindre humide, te sentir te sécher contre moi, les lèvres violiné par le frais qui tombe, passer ce pétard de bouches en bouches...

Aller courir, faire du vélo à deux sur les sentiers d'une île sans voiture, finir des mots croisés entamé la veille, lire la presse féminine, passer une journée en bateau, t'accompagner nager jusqu'à la bouée des 200m en m'agrippant à tes fesse comme à une planche, bronzer à tes coté, te huiler le corps et te crémer les seins, lever ces foutus grains de sable venu s'échouer sur tes reins, te voir aller te rafraîchir dans l'eau toutes les 5 mn et te sentir revenir grace aux gouttes que tu feras perler de tes cheveux sur mon dos, avant de plaquer ton corps à demi nue contre le mien...

Manger des pizza à Rome, s'échapper à Vienne mais ne pas valser, faire la fête à Montpellier, passer des vacances collectives au bord de l'Atlantique : les Landes, Arcachon, Biarritz... Se saouler de bière à Berlin et pisser dans la rue, monter dans les bus rouge, aller à Oxford Street, te prendre en photo dans une cabine à Londres, serrer ta main très fort dans la nacelle d'un manège vertigineux du Mont Tibidabo puis prendre le téléphérique de Montjuic à Barcelone, flâner dans les rues madrilènes, lécher tes seins nues dans les eaux turquoises des Seychelles, être moite à Bali, émerveillé à New York, craintif à Rio, curieux à Sydney, asphyxié à Lima, pied nue en Croatie, s'engueuler à Venise qui n'ai pas fait pour nous et préférer Annecy et le dédales de ses ruelles fleuries, grignoter des gressins à Milan, se gaver de melon et de jambon à Parme, ne pas apprécier la choucroute à Munich, se geler les yeux émerveillee à Saint Pétersbourg, vider les caves d'un Bordelais, se réchauffer devant la cheminée d'un chalet à Chamonix, sillonner la garonne, prendre les métro, les tramways, les bus, les trains, les avions...

Et puis ce mariage, Quel mariage ! Oui, être fier que tu m'accompagnes au mariage de mon cousin. Être fier de t'avoir à mon bras et laisser penser aux autres que je le suis parce que tu es sûrement plus sublime que la mariée, avant qu'ils ne découvrent que je le suis pour ton intelligence, ta repartie, ta sociabilité, ta féminité, ta douceur, ta culture et ta façon d'être à moi et aussi un peu pour ta chute de reins... Te présenter ma soeur, ma grand-mère avant qu'elle ne s'en aille, prendre des décisions, quitter ici... T'entendre t'enfermer dans la salle de bain et te voir en sortir les yeux humides, la bouche pincée, la mou badine avant ton sourire candide... Voir ton ventre s'arrondir, bondir dans tous les sens, voir tes seins grossir et te passer la crème pour raffermir, continuer à te faire l'amour, m'arrêter de fumer pour t'aider, être parents, donner la vie, ne plus dormir mais être habitué, changer les couches, te soulager, te regarder comme une femme fatale et le penser, te désirer, te refaire l'amour comme au premier jour, te confirmer que ton entre-jambes n'a pas perdu son goût parfait, le remettre en effervescence, ressortir, se saouler, voyager à deux, à trois, à quatre... T'écrire un livre qui s'appelerait "Le potentiel romantique de ma femme"... Faire le con pour vous faire rire, rester nous même, faire joyeusement une croix définitive sur toutes les autres paires que les sept qui t'appartiennent (pieds, jambes, fesses, yeux, seins, lèvres x 2...). Continuer à être des enfants même quand on en a fait, être salement romantique, un peu alcoolique, légèrement hystérique, jouer avec le dentifrice, péter les lattes de notre lit et te demander si tu voudrais pas vider des tubes de Colgate avec moi pour les quarante prochaines années de ta vie... T'entendre sourire, te voir dire OUI...

Se nourrir des conneries du quotidien, voir nos peaux se détendre et nos rides se creuser, mais garder nos regards complice, utiliser inlassablement les répliques de Manu Payet, te prendre la main dans la rue, te contempler pendant que tu regardes les arbres perdre leurs feuilles ou les adolescents se bécoter sur les bancs, se sourire, penser que je t'aime et... te le dire. Être heureux d'avoir chercher à savoir quelle femme âgée tu deviendrais et ne pas le regretter...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Alex Taurel - Publié dans : Roman d'un jour - Communauté : ecrivains en herbe
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Jeudi 10 mars 2011 4 10 /03 /Mars /2011 02:01

La forme adoucie d'un visage, des cheveux blond, brun, châtain, noir, roux tendre, méchés, à reflets, auburn... Un nez retroussé ou aquilin, des pommettes saillantes, un menton anguleux, la lèvre ourlée d'une bouche pulpeuse, la blancheur immaculée d'une armée de dents, la peau laiteuse d'une timide et celle halée d'une excessive, les minuscules tâches de rousseur au centre du visage d'une insolente, l'agilité d'une langue, la finesse d'un lobe d'oreille habillé de boucle, la finesse d'un cou et son port de tête divin, la grâce d'une nuque dépourvue de cheveux, la sensualité d'épaules dénudés, l'opulence discrète d'une poitrine gonflée de désir derrière un décolleté, la décontraction d'un ventre, plat ou vallonné, et son nombril, une chute de rein vertigineuse, l'ahurissant pouvoir d'une cambrure incendiaire, la candeur gracile d'une paire de fesses joufflues, un grain de beauté négligemment placé sur une clavicule gauche, à deux centimètres d'une bretelle blanche, la longueur indécemment parfaite de jambes précédent l'érotisme intolérable de pieds manucurés et cajolés, des talons bien senties, l'étincelle d'un regard noir, la profondeur étourdissante d'un plus clair, l'intensité de cils faisant papillonner des paupières tout juste maquillée, la féminité d'un soupir, une voix chaude et éraillé, la gestuelle lente d'une cuillère portée en bouche, l'insolence d'une répartie, la décontraction nonchalante d'un rire peu commode, une fausse candeur, la fragilité d'un ton de voix, la dureté sauvage d'un orgasme, des défauts insupportablement attirants, l'anticonformisme d'une écorchée, la banalité envoûtante d'une blasée, le timbre d'une apprentie chanteuse de salle de bain, le goût parfait d'un entre-jambes ou d'une peau à chair de poule, l'odeur déstabilisante d'une inaccessible, la fausse rigueur d'une paire de lunettes, l'ivresse d'une langue sucré d'alcool, des sanglots qui appellent au paternalisme, les délires d'une ingénue aguichante, l'humour irrésistible d'une cultivée, le sale caractère d'une vrai chieuse, la mauvaise foi de toutes, la perversité lancinante d'une dominante, l'engagement d'une utopiste, le manque de confiance d'une angoissée, l'assurance cache-doutes d'une intélligente... Et un sourire... L'indéfinissable sourire...

Il y en a mesdames, des raisons de vous aimer, car en chacune de vous se trouve quelque chose de merveilleusement attirant. Les mots sont sans doute nées pour que l'on puisse vous écrire et vous décrire. Il est d'une évidence sans nom que vous méritez bien plus qu'une journée...

 

Par Alex Taurel - Publié dans : Chronique d'un suicide littéraire assumé - Communauté : Chroniques du temps présent
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Mardi 8 mars 2011 2 08 /03 /Mars /2011 01:48

2750660415 76ed76f577Au moment où mes yeux s'ouvrent, je n'ai absolument aucune idée de la trajectoire que mes prochaines trente-six heures vont prendre.

Quand mes paupières laissent ma cornée se découvrir, ma main droite s'empare de mon téléphone portable. Il est 10h39 sur la côte d'azur. Nous sommes un lundi matin de décembre, Je m'étire sous la chaleur bienveillante de ma couette et me rend à l'évidence : je n'ai pas eu d'appel, ni de message d'elle. Je me retourne sur le dos, mes yeux fixent le plafond pendant que je prend une grande inspiration que je retiens... et relâche après trente bonne secondes d'une interminable masturbation cérébrale. A partir de maintenant, tout va être simple. C'est sur, il faut que je le fasse. Une phrase va maintenant accompagner ma journée : Au poker comme dans la vie, le plus important ce ne sont pas les cartes mais ce que vous en faites. Je bondis de mon lit, bois une grande gorgée de cristalline et me lève aussi sec. Je sors de ma chambre et allume mon ordinateur. Je profite de son arthrose informatique qui le rend très lent au démarrage pour lâcher ma pisse matinale, assis. Toujours, à domicile. Quand je reviens internet m'attend. Il faut faire vite, je reprend le boulot mercredi. C'est bien connu, le temps va vite dans deux cas : quand on est amoureux et quand on a des choses à faire.

Ah oui, alors du coup j'en profite pour faire une parenthèse. J'aime Camille. Oui ça c'est sûr, je l'aime. Je le sais parce que je suis incapable de fournir une raison ou une explication rationnelle pour laquelle je l'aime. Si ça ce n'est pas de l'amour... Mais il y a deux inconvénients, qui sont comme une paire de dos-d'âne posté devant les écoles primaires, à notre relation. 1- Elle habite loin.  2- Elle est déjà amoureuse. Je développe en une phrase pour répondre à vos interrogations portés sur les affirmations 1- et 2-. Camille est une parisienne amoureuse de sa liberté. Alors évidemment question routine... C'est pas tous les mardi matin que je lui reproche de ne pas avoir refermé le tube de dentifrice. Non, ce qu'il y a d'embêtant avec Camille, c'est qu'il y a des jours avec, et des mois sans. Comme je suis incapable de dire pourquoi je l'aime, je suis aussi incapable de définir notre relation. Enfin surtout de son côté. Parce que du mien... Je me rappelle qu'une fois, en discutant sur internet, une copine que je n'avais pas vu depuis longtemps me demanda :

- "Alors ? tu es seul ?"

-"euhhhh..pfff...nnnnnnn...oui..."

-"Ah ?! tu n'as pas trouvé la femme de ta vie ?"

-"...J'n'ai pas dit que je ne l'avais pas trouvé..."

Bref, je l'aime, elle habite loin, elle m'aime et aussi un peu sa liberté. A moins que ça ne soit l'inverse... Du coup, moi je collectionne, les aphtes, les rognures d'ongles, les cernes. Je bois, je fume, je repousse toujours l'heure de dormir et avance celle de me réveiller dans l'espoir d'avoir ou de voir un signe d'elle. J'essaye par tous les moyens de la retenir à Nous, Je lui écris des lettres, des mails, des sms. Je lui invente des visites surprises. Je crois que des fois je lui manque mais elle ne sait pas trop le dire ou le montrer. Pas trop son truc. Je crois qu'elle a surtout peur de l'autre, peur de quitter sa liberté. En fait, chacun de son côté on se bouffe la vie.Je vous arrête de suite, ce n'est pas triste, c'est comme ça. Si on était des malheureux, on le saurait.

Sauf que ce matin là, et je ne sais pas pourquoi, mon esprit a dit stop. Alors que j'effectue mes transactions de CB par internet, je me brosse les dents tout en m'apercevant qu'il est déjà midi. Le temps passe si vite quand on est amoureux et qu'on a des choses à faire...

Bon d'accord, je ne vais pas faire durer le suspens plus longtemps. J'ai décidé de prendre un billet de train (départ aujourd'hui 16h37, retour demain 18h03), et une chambre d'hôtel pour cette nuit. Et là je suis déjà dans le bus qui m'amèneà la gare. Je n'ai ni appréhension, ni stress pour le moment. Je vois les voitures se croiser, les passants aller et venir sur les trottoirs et ma tête ne plus réfléchir. Comme si elle attendait cette décision depuis un moment. Je descend du bus cent mètres avant la gare, pour marcher un peu. Je m'allume une cigarette, il fait très froid. Je n'ai presque pas de baguage. Mon PC portable, un t-shirt pour dormir, un caleçon et des chaussettes propres, une brosse à dents. et un sac plastique avec de la lecture. Quand j'arrive à la gare, je me rend seulement compte qu'un train sur deux fonctionne à cause des chutes de neige dans toutes la France qui paralysent pas mal le trafic... Je m'insulte intérieurement, puis souffle en découvrant que mon train n'a qu'un quart d'heure de retard... En même temps personne ne m'attend...

Le voyage est un grand classique. Paysage qui s'offre sans retenu, ciel qui s'éteint à mesure que les kilomètres se parcourent, vache immobile, draps étendus dans les jardins aux vastes étendues, chevaux, plaine à perte de vue. Quand on voyage en train, on découvre autre chose de la France. On voit ce qu'on ne verrait pas si on venait dans ces villes. La profondeur, l'arrière des maisons sombres et austères, les grosses culottes des ménagères, le foutoir d'une ferme du centre, les tunnels miteux et taggés. Et puis le soleil tire sa révérence. Les luminaires du wagon naissent, les gens glissent un peu plus dans les profondeurs de leur fauteuil pour s'assoupir, les enfants se taisent de plus en plus, la jeune fille en face de moi est concentré sur le film qui passe sur son PC portable et remonte dans ses oreilles grâce aux écouteurs, l'homme à la grosse voix sur ma gauche lit la biographie de Keith Richards et au détour d'une réflexion, quand mes yeux lâchent les mots d'Anna Gavalda ,dans "Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part", je tourne ma tête, et la seule chose que m'offre maintenant le paysage à travers la vitre, c'est mon reflet. Il est 19h04.

Mon corps commence a se contracter à mesure que je me rapproche d'elle. Je gratte régulièrement ma langue contre mes dents et frotte successivement avec ma main gauche, le coin de mon front, mes yeux, mon cou, mon dos, ma barbe, mon oreille droite, ma nuque, un sourcil et le creux de mes deux bras. Je m'aperçois que mon rythme cardiaque commence à manifester et que mes mains sont en pleine séance de sudation. Il faut que je fasse quelque chose. Je prend une feuille blanche qui traîne toujours dans mes poches et un stylo et j'écris. Je lui écris. Il est 19h20 quand je termine de recopier ces mots sur mon téléphone portable :

Ni voit aucune surprise, ou prise en otage... Je suis en Train. Je serai en gare de Lyon vers 22h, au bistrot d'en face jusqu'à minuit, à l'hôtel Camélia cette nuit et vers Bastille demain jusqu'à 17h. Je ne veux ni pitié, ni compassion. Si tu décides de me retrouver, c'est que tu crois en Nous. Si tu ne viens pas, j'arrêterai de te rendre la vie impossible et de te retenir. Je pense que c'est nécessaire de faire ça pour arrêter de me torturer et toi avec... J'ai mal de croire que je suis peut être en trop dans ta vie. Ne t'inquietes pas pour moi, si tu ne viens pas, je ferai des courses de Noël. Ce matin je ne savais pas que je ferais ça, ne m'en veut pas, réfléchit à notre année écoulée... C'est pour notre bien que je fais ça. Je suis malade et mon seul remède c'est toi...

...CAMILLE...Envoyer... Ça y est mon destin ne m'appartient plus. Tous les symptômes précédents s'évanouissent un à un. Je deviens serein. Comme si j'avais fait ce qu'il fallait pour alléger mon esprit, mon âme, mon corps et tout le reste. Comme si j'avais fait ma part du boulot. A partir de ce moment là, démarre simplement l'attente. Et là le temps ralentit soudainement...

Quand le train s'arrête, je remballe lentement toutes mes affaires, je prend soin de laisser tout le monde quitter le wagon et sort en denier du train. Quand je pose mon premier pieds sur le sol parisien, l'espoir de la voir arriver d'un moment à l'autre débute alors, mais je fais comme si je n'attendais rien. C'est idiot, personne ne m'observe pourtant. Je m'allume une cigarette et avance comme un voyageur lambda que je suis. Plus le temps et les mètres passent, plus mes yeux partent dans tous les sens à sa recherche. Ça y est je suis devant la gare. II n'y a pas à dire, il fait froid à Paris, et je ne suis pas du tout équipé pour affronter ce temps neigeux, avec mes converses aux semelles aussi fine qu'un papier à rouler. Comme annoncé, je décide d'aller me restaurer et réchauffer dans un bistrot d'en face. Un croque-madame/frite et un fondant chocolat feront amplement mon bonheur. Je pose mon téléphone sur la table. Régulièrement je déverrouille l'écran de veille pour voir si je n'ai rien manqué. Je dévore mes assiettes, l'aventure ça creuse. A 23hO7, je paye, pourboire, pars et prend la direction du métro. Mon hôtel se trouve à quatre stations d'ici. C'est la premièrefois que je prend le métro aussi peu fréquenté. Nation. Je descend. Reste à trouver l'hôtel. Je sors de la bouche de métro à l'immense rond point d'où partent huit rues. Je fais le tour du rond point en partant dans le sens inverse des aiguilles d'une montre et en regardant à chaque fois le nom des rues sur l'écriteau blanc. Non. Pas celle là. Et merde. Pfff. Oh lala. Putain tu vas voir que ça va être la dernière. J'en suis sûr. Et bah voilà !!! Par chance, l'hôtel est à quelques mètres du début de la rue. Heureusement ,car je suis en train de perdre mes pieds. Les converses ne sont pas faites pour marcher dans la neige...

Je termine ma cigarette devant l'hôtel Camelia. J'entre. Il ne me parait pas douteux. A l'accueil, un pakistanais.

-"Bonjour, enfin bonsoir, j'ai réservé une chambre pour cette nuit au nom de Parisse"

-"euuuhh ui...bisoir m'siou. Je garde. Pariss ?..."

Long silence de deux minutes...

...

-"Faites voir papier m'siou"

Je m'exécute.

-"M'siou, il y a problème. La réservation est demain..."

Alors comment expliquer ? Je dirais qu'en dix secondes, je me suis maudit d'exister, toutes les insultes apprises depuis le "enculé" de Michel Boulénalès en classe de CP y sont passé, mon dos a sécrété des litres de sueur et ma gorges s'est serré comme si j'allais embrasser pour la première fois.

-"Nonnnnnnnn ?! ça doit être une erreur informatique ! vous n'avez plus de chambre ?"

-"Si, m'siou, une, mais elle s'ra plus chère que la votre."

-"Ok. Je prends."

Ne jamais plus partir aussi précipitamment en effectuant des opérations par internet, sans vérifier trois fois minimum toutes les informations. Je suis passé à côté d'une nuit blanche parisienne, par -8°c.

Je monte les escaliers. Sobre, en bois. La décoration est chaude. Au deuxième étage je me demande pourquoi je n'ai pas pris l'ascenseur et je persiste à ne pas le prendre. Ma chambre est au 5ème. Quand j'arrive devant la porte, je sais déjà qu'aucune surprise ne me sera réservé, j'ai la certitude qu'elle n'est pas là, cela m'évite au moins de jouer de la batterie avec mon coeur. J'entre, pose mes affaires, enlève veste et écharpe, et fais le tour de la chambre comme un gosse. Je suis satisfait. Enfin en même temps je ne suis pas là pour ça. Je monte le chauffage. Enlève mes baskets, mes chaussettes que je place sur le radiateur, et mon jean's. Je file dans la salle de bain pour placer mes pieds sous la chaleur du sèche cheveux. Tandis que je profite de ce plaisir simple de ce souffle qui reconditionne mes petons tétanisés, je consulte une nouvelle fois mon téléphone. Et sûrement pas la dernière. J'allume la télé, Run and hide de Anna Chalon tapisse l'atmosphère. J'ouvre la fenètre qui donne sur le rond point. Le frais rentre mais me fait du bien. Je brave l'interdit et allume une cigarette. De là, j'observe nonchalamment le pauvre ballet tournoyant et lumineux des quelques voitures en circulation. Je suis vide. Je n'arrive à penser à rien. Je tire sur ma cigarette et recrache la fumée sans rien avoir à me dire. Comme si l'inspiration s'envolait à chaque expiration. Il est 1h06. Je décide de ne pas fermer la porte à clef... on ne sait jamais... une surprise...

...

J'ouvre une nouvelle fois cette fenêtre. Et j'observe désormais, le travail des éboueurs vétus d'une combinaison  jaune et verte. Leur journée commence, la mienne ne s'est pas encore terminé. Il est 5h, Paris s'éveille comme dirait l'autre, et moi je veille. Je n'ai pas encore réussi à fermer l'oeil, j'ai réussi à m'enfiler une douzaine de clope dont trois quand je suis descendu vers 3h, boire une bière au troquet d'en face qui était en train de fermer. Je n'ai pas réussi à penser à autre chose qu'à elle. Chaque bruit de porte, bruit de pas, craquement de l'escalier en bois, toussement, respiration... chaque bruit du silence était le sien, approchant fiévreusement de ma chambre pour enfin me retrouver... et puis non. Où est-elle ? Je suis épuisé. Est ce qu'elle travaille ? Il faut que je sois levé à 10h30. A-t-elle vu mon sms ? J'ai mal à la tête. Va t-elle venir ? Pourquoi je me met dans des situations comme ça ...? Je ferme mon dernier oeil et met mon esprit en veille en pensant qu'aimer est une aventure...

Je suis réveillé par un vicieux rayon de soleil, qui profite de ma negligence de la veille avec les rideaux, pour maltraiter ma rétine. La télé est allumé. Je ne vais pas vous cacher que je consulte directement mon téléphone qui inverse directement le sens du U qui habillait ma bouche depuis que j'avais constaté que le ciel avait balayé ses nuages. Toujours pas d'elle. A cet instant démarre dans mon existence du jour une lenteur aussi pesante que l'humidité pendant la saison des moussons au Vietnam. Je me lave, me sèche et me rhabille délicatement. Je fais mon lit tout en sachant que les draps seront changés après mon départ. Je remballe toutes mes affaires dans mon petit sac. Après, avoir commandé un café, je me poste à la fenêtre, épaule contre la vitre. Le décors n'a pas changé. Seulement la luminosité. Je suis tellement à l'écoute de mon corps et de sa tristesse qui commence à m'envahir que je peux entendre ma respiration et la vitesse de mon rythme cardiaque. Il est 11h25 quand je claque la porte de la chambre 506, et referme derrière moi ce qui aurait du être le théâtre de nos retrouvailles érotiques.

Désormais, je promène ma carcasse, voûté par le poids de l'inéluctable déception qui approche, dans les rues parisiennes. Après avoir cherché la première station de métro, je me suis fondu parmi les habitués. Les rames avaient repris leur abondance de gens. Pour une fois, je me suis senti parisien. J'étais debout, ballotté par les trajectoires sinusoïdales de ce train urbain, les épaules rentrés, le teint blafard, les yeux neutre et cernés, fixant un porte clef MMA accroché à la fermeture éclair de la valise d'une quinqua qui puait l'eau de Cologne. Si je m'étais vu, je me serais fait penser à la tête des faux chiens, que les ploucs pose sur la plage arrière de leurs Opel Vectra. Ou plus simple : à un zombie végétarien...

Lorsque, je réapparaît sous les rayons délicieux d'un soleil à son zénith, mon inconscient me réclame de l'alcool. J'acquiesce. Premier troquet, premier servi. J'installe mon derrière sur la ferraille verte d'une chaise de terrasse ensoleillé. J'ai tout le quartier Bastille sous mes yeux, les reflets de la Seine sur les façades des immeubles haussmanniens qui m'entourent et la vie des gens devant moi. En d'autre circonstances, cela serait une journée merveilleuse. Je commande une bière en apéritif, des olives en amuse-gueule que je ne touche même pas. Mon téléphone est toujours posé sur ma table et ne bronche pas. Je re-vérifie dans ma boite de réception, si je n'ai pas zappé un sms, la nouvelle technoloige est parfois défaillante. Rien. J'enfile trois autres bière pour terminé l'entrée, et commande une bouteille de Jack Daniel's en plat de résistance. Il n'y a toujours pas de petite enveloppe qui se dessine dans le coin gauche de mon écran tactile. Putain de téléphone portable !!! Avec eux, dès qu'on est amoureux, on est toujours en attente. C'était plus facile avant. On attendait des lettres, des télégraphes ou même des pigeons voyageurs tiens ! Mais, au moins on ne passait pas son temps à croire ressentir une vibration contre sa cuisse, à examiner, tous les tour de cadran de la trotteuse, si on a bien quatre bûche croissante de réseau, à composer toutes dix minutes le numéro de la messagerie vocale... L'insupportable attente de l'autre était moins douloureuse car plus espacé.

Le temps est en suspension. Je dois passer, sans m'en rendre compte, de longue minute à fixer des détails insignifiant. La couleur des bas d'une demoiselle en tailleur qui discute sur le trottoir d'en face, la police d'écriture de l'enseigne du magasin de vêtements, la plaque d'immatriculation de la Clio parqué sous mes yeux et qui indique comme un symbole de mon état : 586 ARF 75. ARF !!! ARF !!! C'est exactement le seul bruit inaudible qui s'échappe de ma bouche depuis que je suis assis ici. Et puis l'ivresse s'empare de moi...

Je suis en train de marcher le long des quai de Seine derrière toi, le soleil dans tes cheveux pour m'éblouir de ta beauté tant jalousé. La brise vient m'offrir ton odeur au plus profond de mon nez. Tu te retournes et me sourit. A mon tour je te souris, c'est beau, tu es belle. Je pleure et bande au fond de mon coeur. Tu t'arrétes devant une barrière et place tes mains dans ton dos. Doucement j'arrive à ta hauteur. Je m'empare de tes vingt doigts et niche mon nez dans les cheveux qui cachent ta nuque. Mes yeux se ferment, mes mains serrent les tiennes en même temps que mes bras t'enlace, mon torse se plaque contre ton dos, le temps s'arrête et ma respiration avec...

-"Monsieur ? ça va ?" me demande la serveuse.

-"euh...mmmhrrmmm...oui, oui pourquoi ?"

-"Ah ?! non, comme ça. Vous aviez un sourire béat et lointain, mais vos yeux semblait humides...et puis votre cigarette s'est consumé toute seule entre vos doigts..."

-".....................Oui, désolé... aahhheeeemmm... Je pourrais avoir un sandwich et un cognac siouplait ?!"

-"Tout de suite Monsieur !"

Ce sandwich me sauve la vie, et le cognac détruit mon foie. Il est 16h quand je décide de mes lever pour marcher. Désormais j'ai bien compris que tu ne viendrais pas. Je fais un tour sur les Champs Elysés et son marché de Noël. Les gens ont l'air joyeux. Tant mieux. Je me perd dans le métro. Tant pis. Quand je retrouve plus ou moins mon chemin, je suis à quelques kilomètres de la gare en même temps qu'à quelques minutes de l'heure de mon départ. Je vais y aller en marchant. Je place les écouteurs de mon Mp3 dans mes oreilles. Mes pas sont lent mais régulier. Je prend bien soin d'éviter les rainures des carreaux des trottoirs comme je faisais étant môme. The greatest de Cat Power et sa lanscinate mélancolie m'accompagne. Soudain, une phrase de Beigbeder trouve écho en moi : "On n'a rien à perdre quand on aime personne". Ce sentiment d'effondrement, s'atténue avec ma prise de conscience de la chance que j'ai d'aimer quelqu'un. Il y a des personnes qui passe leur vie à vouloir que quelqu'un les attendent quelque part. Moi, je suis fier de penser que je voulais que tu m'attendes ici...

Il est 17h50 quand je rentre en gare. Je scrute les panneaux de renseignements. Train 1786 de 18h03 : départ retardé. Je l'avais oublié ce détail. La France est sous la neige. Vu les précédents évènements il n'est pas impossible qu'on me garde encore un peu ici. Histoire de prolonger la douleur. Moi et mes pieds redécouvrons la sensation de la veille au soir. Les converses ne sont pas faites pour Paris en Décembre. J'attends en serrant les dents. Train 1786 : 30mn de retard. Puis 15 de plus. Les voyageurs s'amassent autour de moi.J'ai rarement eu autant de personne près de moi et je ne me suis jamais senti aussi seul. Paradoxalement, je ne maudit pas ces retards. Je me mets à espérer de nouveau. A croire de nouveau en Nous. Et si tu débarquais au dernier moment ? Et si je te voyais au loin en train d'espérer qu'il ne soit pas trop tard ? Et si ces retards était un signe du destin et faisait notre chance ? Et si ma vie devenait une comédie romantique qui ferait pleurer les ménagères, les autres voyageurs, les controleurs, le lecteur, toi et moi avec ? Et si... Et si... Le stress me retrouve. Le temps redéfile à une vitesse ahurissante. C'est bien connu, il passe vite dans deux cas : Quand on a des choses à faire et quand on est amoureux...

Au loin, niché derrière des centaines de têtes de toutes les couleurs, une agitation. Des bousculades, des éclats de voix. Quelqu'un court, ou en tout cas le désire fortement. Je contiens la fumée e ma clope, cligne des yeux pour mieux les écarquiller, frotte ma main gauche contre mon jean's pour sécher cette sudation soudaine. Je ne distingue pas grand chose, mais cela se rapproche. Tes cheveux sont là. Oui c'est sur c'est toi, tu ne pouvais pas me laisser repartir. Je vais voir débouler tes yeux qui sont parfois vitreux et ton sourire qui toujours me rend beau. Je suis prêt, mes bras ne demande qu'à s'ouvrir pour tout reconstruire et ne pas repartir. Ma fossette commençe à se creuser, je ne tremble plus à cause du froid...

...

Elle se précipite dans ses bras, avec dans sa main un portefeuille. Monsieur l'avait oublié à la maison, et elle a fait une course contre la montre pour lui ammener. Il l'embrasse a pleine bouche en lui déclarant qu'elle est folle et en lui disant qu'il l'aime. A moins que ça ne soit l'inverse. Le Train 1786 est sur le quai D. Comme tout le monde, je le rejoins, rentre dans mon wagon, pose mon sac et ressort fumer ma dernière cigarette parisienne. Je lève la tête vers le ciel et l'habille avec ma fumée des propres nuages de ma vie. C'est comme ça. Je ne lui en veut pas, tout comme à moi. Il fallait le faire. C'est con mais je pleure quand même...

Au moment où mes yeux s'ouvrent, je ne regrette pas mes dernières trente-six heures. Depuis mon retour, je n'ai pas regardé une seule fois mon téléphone. Je vais mettre le chauffage dans ma salle de bain, et vais accomplir ma pisse matinale. Au moment de tirer la chasse, j'entend une sonnerie. Je rentre dans ma salle de bain et me saisit du téléphone portable. Une envelloppe s'est dessiné. J'appuie sur "Ouvrir". CAMILLE apparait... J'ouvre grand mes yeux et lis :

"...Est ce que tu crois que je peux t'appeler...................?"

Et si.............................................................

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Par Alex Taurel - Publié dans : Roman d'un jour - Communauté : ecrivains en herbe
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Vendredi 25 février 2011 5 25 /02 /Fév /2011 02:43

Quand j'aurais usé tous les ongles que m'offrent inlassablement mes dix doigts. Quand j'aurais sué toutes les angoisses que fait naître mon esprit. Quand j'aurais vidé toutes les larmes des canaux lacrymaux qui pleuvent en moi. Quand j'aurais poncé le coude de mon bras gauche, posé sur une table pour soutenir mon avant-bras et sa main qui maltraitent mes cheveux. Quand j'aurais toussé, craché, reniflé, raclé les effets de cette armée de cigarettes ne servant qu'à canaliser éphémèrement ces shoots sadiques de stress. Quand j'aurais vomis les maux en mots, autant que je n'aurais consommer de whisky pour aller de mieux en mieux. Quand j'aurais vu et revus, contemplé et fantasmé ces ballets atmosphérique en perpétuels chamboulement, d'où surgit la liaison torride entre un soleil couchant, habillé de soie chaude, et ces nuages aux formes abondantes et voluptueuses, tels des nymphettes en quête de chaleur, pour colorier d'usure et de luxure ce ciel d'azur...

Alors...

Peut-être qu'il faudra que j'envisage un epilogue vibrant. Je redeviendrais vivant, souriant, insolent et exaltant. Subtil quand je souhaite et futile à tes souhaits. Je reverrais la faiblesse d'un rayon de soleil baillant entre deux immeubles et laissant présager d'une journée au mercure envoûtant. Je re-flirterais avec l'odeur délicieuse des viennoiseries à l'aube des boulangeries. Je sentirais discrètement un rictus se dessiner au coin gauche de ma joue, lorsque ta voix m'interpellera. Je redécouvrirais l'ivresse de se saouler quand on est léger. J'attendrais fébrilement la visite de tes ongles dans ma barbe mi-longue.Je plongerais chaque jour avec candeur dans la profondeur de tes yeux (quitte à mettre bonnet et slip de bain). Je fantasmerais volontiers sur l'opulence de tes seins au détour d'un décolleté négligemment échancré. J'envisagerais la promesse d'un frisson qui te transperce grace à mes mains sur tes fesses. Je devinerais tes envies pour me sentir en vie, Je tutoierais ton désir en aspirant te faire jouir, mes dents m'aidant à t'évanouir de soupirs. Ca sera salement romantique, brièvement dramatique et constamment érotique. Le rodéos des mots laissera sa place à ton roMéOT. J'étalerais un full sentimental, je serais Aime-ophile...

Il faudra alors que tu comprennes que tes bras autour de mon cou seront des écharpes même en été, que nos coeur seront des concerts de klaxons chantant en choeur. Il faudra que tu comprennes qu'il n'y a qu'avec moi que tu prendras ton envol et que la seule fatalité qui colle à ta peau, c'est la sueur qui aura perlé de la mienne. Il faudra que tu comprennes que nos souffles seront notre ozone et que le seul réchauffement de la planète viendra de nos couches. Il faudra alors que tu comprennes que les comptes ne sont à rendre qu'au banquier et que ça ne me dérange pas que tu me trompes avec ta liberté.

Il faudra alors que tu cesses de me chanter que j'ai tort d'essayer de te retenir, de te retenir...

Il faudra alors que tu comprennes que Nous rentrons en grève de la FIN...

Par Alex Taurel - Publié dans : Chronique d'un suicide littéraire assumé - Communauté : Chroniques du temps présent
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  • Alex Taurel, né le 15 juin 1984 à 0h00     gémaux ;-)

  • - A été élevé avec Voici, Elle, Psychologies, L'Equipe et Cosmopolitan comme compagnon de WC...
    - A un rapport particulier avec l'alcool (dixit ses proches).
    - Venère Fred Beigbeder, Guillaume Musso, Hank Moody, Cédric Klapisch, Francois Damiens et Jean Marc Ravera.
    - Aime Barcelone, Espigoule, le foot, écrire, le cinéma francais, l'accent belge, la musique et les gens.
    - Est "amoureux" de Romain Duris.
    Signe particulier : Recordman du nombre de création de groupes sur Facebook

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